Daniel Meynard

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Daniel Meynard
Daniel Meynard.
Daniel Meynard.

Activités neurologue, ethnologue, écrivain, journaliste, illustrateur, philosophe, poète, cuisinier, océanographe, comédien, musicien, plasticien, inventeur et réalisateur
Naissance 14 juillet 1920 à Conakry (Guinée)
Décès 23 septembre 2009 (89 ans)
Bamako (Mali)
Distinctions gagne l'International Pi Award de Calcutta en 1986
Œuvres principales
* Romans : Guide du voyage pour clandestin, La décolonisation racontée aux enfants
Compléments
* Inventions: Le fromage sans matière grasse et le phytoplancton
  • Poésie : Les racines de la baobabité et Le regard des méduses


Daniel Meynard, né le 14 juillet 1920 à Conakry (Guinée), et mort le 23 septembre 2009 à Bamako (Mali) à l'âge de 89 ans. Tour à tour neurologue, ethnologue, écrivain, journaliste, illustrateur, philosophe, poète, cuisinier, océanographe, comédien, plasticien, musicien, inventeur et réalisateur, il est surtout célèbre pour ses pensées autour des relations Franco-Africaines et la création du concept de baobabité.

Atteint du syndrome d'Asperger, Daniel Meynard a surmonté son handicap, en développant une mémoire hors du commun, ce qui lui a valu notamment de gagner le "International Pi Award" de Calcutta en 1986 en récitant 3 jours durant les décimales de Pi. Entre 1976 et 1980 il travaille comme océanographe sur « la Calypso » avec le commandant Cousteau où il découvre le phytoplancton.

Longtemps peu considéré dans le milieu du journalisme, son travail d'investigation sur les rapports politiques et économiques entre la France et ses anciennes colonies africaines fait aujourd'hui référence en la matière. Sa pensée a grandement inspiré les mouvements indépendantistes des années 1960. Très engagé, il a cherché à analyser les conséquences psychologiques de la colonisation à la fois sur le colon et sur le colonisé. Dans ses livres les plus connus "Le syndrome de Tarzan" également connu sous le nom de "Syndrome de Babar", ou «Le regard des méduses", il analyse le processus de décolonisation sous les angles sociologique, philosophique et neuropsychiatrique. Très peu connue en France mais très appréciée dans les pays francophones, sa pensée est aujourd'hui ranimée par la création en 2010 de la Fondation Daniel Meynard.

Sommaire

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Biographie[modifier]

Origines familiales[modifier]

Daniel, enfant, avec ses 6 soeurs, sa mère et ses cousins de Plobastec

Daniel Meynard est le petit-fils de Clovis Meynard et le fils de Francis Meynard.

Clovis Meynard part en Afrique occidentale en 1895, où il crée « les Huiles Meynard Lesieur » avec Lucien Lesieur. Leurs innovations apportées à la culture intensive des arachides conduisent quelques années plus tard les deux hommes vers le succès. Mais une discorde leur fait cesser toute collaboration. En se retirant du projet, Clovis Meynard retirera son nom de l'entreprise, aujourd'hui connue sous le nom d'Huile Lesieur, et partira chercher fortune en Oubangui-Chari. Au cours de ce voyage, il aura avec Lénaïc Meynard des triplés : Etienne, Laurent et Francis. Clovis Meynard fera finalement fortune en découvrant quelques années plus tard d'importants gisements de pétrole au Gabon. Etienne et Laurent décèdent à l'âge de huit ans des suites du paludisme. Francis devient l'unique héritier de l'empire Meynard qui se développe et qui sera plus connu quelques années plus tard sous le nom d'Elf (pour Etienne-Laurent-Françis). Francis grandit, enfant sombre et taciturne. Il se tourne vers les études, intègre l'ENA où il rencontre notamment Jacques Foccart et Charles Pasqua. Il devient alors un des grands manitous de ce que l'on appellera plus tard la Françafrique. Homme d'affaires avisé, il fera de l'entreprise Elf la plus grande société française de pétrole, sous le pseudonyme de Pierre Guillaumat.

Enfance[modifier]

Enfant de Gwendoline Meynard et Francis Meynard, Daniel Meynard dernier-né après sept sœurs a vu le jour à Conakry (Guinée) le 14 juillet 1920. Atteint du syndrome d'Asperger, handicap qui lui donne une capacité scolaire hors norme (il saute quatre classes durant sa scolarité), son enfance, marquée par sa maladie va être très solitaire. À l'adolescence, son père l'envoie à Zurich faire ses études supérieures. Parallèlement, Daniel Meynard participe à des expériences sur le syndrome d'Asperger menées par un jeune neuropsychiatre, Gustave Ramseyer, à l'unité psychiatrique de Burghölzli. Ces expériences vont profondément bouleverser le développement neuro-intuitif du jeune Daniel Meynard. Il décide dès lors de devenir neurochirurgien contre la volonté de son père qui lui réserve une carrière d'Enarque. Pendant la seconde guerre mondiale, il rejette les appels militaires et reste à Zurich où il termine ses études. Il devient le plus jeune neurochirurgien de l'histoire de la médecine en 1943 à l'age de vingt trois ans. En 1945, considéré comme déserteur, il ne peut plus rentrer chez lui. Grâce à ses relations et sa place de haut fonctionnaire, son père arrive à lui éviter la peine de prison requise. En échange, il lui impose de partir dans les colonies pour devenir médecin militaire.

Médecine Militaire et découverte de l'Afrique[modifier]

La découverte de l'Afrique va être un véritable choc pour le jeune Daniel Meynard, devenu médecin militaire dans un village reclus du Dahomey… En 1948, il cesse ses fonctions militaires, écoeuré de la politique coloniale. Il ne parlera jamais de cette période de trois ans dans l'armée coloniale, expérience qui le laissera profondément anti-militariste et amer envers la politique coloniale française. Entre 1949 et 1956, Daniel Meynard voyage dans toute l'Afrique occidentale, occupant diverses fonctions : cuisinier, professeur de français au Dahomey, neurochirurgien à Abidjan, vendeur de chaussures à Bamako. A cette époque, il rencontre et devient ami avec le réalisateur René Vautier pendant le tournage d' « Afrique 50 » ; celui-ci l'initie à l'usage de la caméra. Il découvre la pensée communiste et révolutionnaire. Il participe à de nombreuses actions militantes contre la guerre du Cameroun dont personne n'entend parler en France. Il écrit des articles dans un journal scientifique avec un jeune psychiatre, Frantz Fanon, sur la psychologie cognitive des stéréotypes. Il rencontre aussi Henri Miller, qui lui fait découvrir l'art et la littérature. En 1953, il rencontre également Jack Kerouac pendant son voyage aux USA, avec qui il aurait écrit deux livres jamais publiés, « le Baiser de la Dinde » et « L'autoroute africaine », dont il existerait encore quelques exemplaires autoédités clandestins dans les milieux alternatifs américains. En 1955 il rencontre Marion Latanalec ( 1924- 1964), qui devient sa première épouse.

La Baobabité ou Baobabisme[modifier]

De 1949 à 1956 Daniel Meynard entame parallèlement une réflexion philosophique sur les rapports entre identité et altérité. Il termine son manuscrit « Les racines de la baobabité » en 1957, mais l'ouvrage ne sera publié qu'en 1975 aux Editions Pil-pil, censuré pendant dix-huit ans par le gouvernement français. Le livre sera fabriqué dans des imprimeries clandestines puis diffusé en Afrique francophone par de jeunes indépendantistes. L'un d'eux, Patrice Lumumba, se rend célèbre trois ans plus tard en devenant le premier Premier Ministre de la république démocratique du Congo. Ce livre, recueil écrit sous forme de pensées fleuves, de poèmes mis en dérive, est une réflexion sur ce que Daniel Meynard nomme les "Identités racinaires originelles mangeuses d'altérité". Partant du principe que nos soifs d'origine et d'identité sont la cause de nos difficultés relationnelles et notamment de ce qu'il nomme la « souffrance de l'autre » ; expliquant que l'origine ne pourrait créer d'altérité par son fondement de l'un, de l'unique excluant par définition l'autre. Rédigé six années avant la décolonisation, le poème le plus célèbre de ce livre se nomme « Le Baobab ».

Dessin réalisé par Patrice Lumumba
Le Baobab

«Un tremblement de terre a eu lieu, une force s'est libérée,

Venant des entrailles du monde, le sol est tout craquelé, on dirait des îlots,

Il pleut, neige, et fait soleil,

Le rugissement sourd de la gravité a cessé, tout s'envole,

Le ciel est rempli de chaos,

Les baobabs ont les sens déréglés, les sens en galop de chevaux,

Leur liberté est leur nouveau fardeau,

Il n'y à plus d'endroit où s'appuyer,

Ni haut ni bas,

Juste des milieux, des centres, entre quelque part et quelque part,

Leurs branches sont des racines, et l'inverse aussi,

Tout s'entremêle, même la mémoire,

Les mots s'arrachent des choses, tout est à redécouvrir,

Dans le désir de devenir, se laisser flotter,

Personne ne pourra plus jamais les reconnaître, le ciel a fait d'eux des citoyens bleus »

Extrait p. 345 du poème du baobab Editions Pil-pil


La structure du poème du Baobab se décompose en cinq parties :

      - 1er la révolution des idées

      - 2e la reconnaissance et la conscience de soi

      - 3e la perte des récits unificateurs

      - 4e une nouvelle mémoire, une nouvelle forme d'identité, la pensée métisse

      - 5e le devenir monde

Ce livre inspirera la pensée indépendantiste des années cinquante, ainsi que Félix Guattari et Gilles Deleuze sur les concepts de rhizome de déterritorialisation et d' identité devenir pour leurs ouvrages de L' Anti-Oedipe (1972) et de Mille plateaux.

En 1963, au Sénégal, il rencontre Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire, avec lesquels il partage nombre de choses, notamment le goût de la poésie. Ils seront cependant en désaccord sur le concept de la négritude que Daniel Meynard estime nécessaire pour l'époque mais dont les enjeux lui paraissent trop "enfermants", cloisonnés.

En 1964, avec son ami Simon Gervais à Ouagadougou, il découvre qu'il est possible d'extraire la graisse du fromage. Ils inventent ensemble le premier fromage sans matière grasse. Seul Simon Gervais déposera le brevet pour cause de mésentente entre les deux hommes. Daniel Meynard ne remangera jamais de produit laitier après cet événement.

Changement de cap[modifier]

En 1964 sa femme Marion meurt d'une crise de paludisme à Abidjan. Fortement éprouvé, Daniel Meynard décide de quitter l'Afrique et de partir faire le tour du monde en moto. Pour l'anecdote, il sera « croqué » par Richard Krakinsky au Népal avec son gros sac à dos, dessin qui deviendra l'effigie du Guide du routard. Il s'installe à San Fransisco en 1967. En 1968, il écrit l'avant-dernier discours de Martin Luther King, et en 1969, il fonde avec Michael Lang le festival de Woodstock. Il est d'ailleurs la voix de l'événement car c'est lui que l'on a pu apercevoir et entendre entre tous les concerts. Musicien averti, il joue de la basse et fait une seconde voix sur Hey joe de son ami Jimmy Hendrix. Pendant dix ans, Daniel Meynard va vivre diverses expériences communautaires pendant lesquelles il écrira « La décolonisation racontée aux enfants », recueil de contes anticoloniaux, qui a connu une discrète sortie en 33 T vinyl, mais qui ne connaîtra une réelle diffusion qu'en 1997 chez Ravensburger sous forme de CD-rom. Il part en 1971 en Alaska avec quatorze militants écologiques ( David Mc Taggart, Paul Watson, Bill Darnell, John Cormack, Jim Bohlen, Patrick Moore, Lyle Hutson, Dave Birmingham, Terry Simmons, Richard Fineberg, Bob Hunter, Ben Metcalfe, Bob Cummings, et Bob Keziere) à bord d'un vieux chalutier, le Phyllis Cormack, pour empêcher les essais nucléaires américains sur le site d' Amchitka. Dès 1972 les Etats-unis cessent leurs essais nucléaires atmosphériques. En 1979 le groupe prendra le nom de Greenpeace. En 1975, il invente le Poulet à la Daniel Meynard avec son ami Henri Michaux pendant une retraite "onirico-mescalo-poétique" dans le Pays Basque. Cette recette passera dans le langage commun quelques années plus tard sous le nom de poulet basquaise, une préparation inventée grâce à des techniques de cuisine du Pays Basque et du Sénégal.

Fondation Cousteau[modifier]

Daniel Meynard et Jacques-Yves Cousteau
Daniel Meynard derrière Stéphane Collaro dans un cocoricocoboy de 1981

De 1976 à 1980 Daniel Meynard travaille en collaboration avec le commandant Cousteau et expérimente de tous nouveaux matériaux servant à la composition des combinaisons de plongée. Ils vont découvrir que la fibre de coquille de noix de St Jacques permet aux équipes de mieux garder la chaleur du corps dans les plongées en grand froid. Il embarque pour trois ans sur la Calypso où il devient océanographe, il découvre les joies des développements technologiques de la plongée sous marine subaquatique, et fait une découverte qui révolutionne le monde de la crevette: le phytoplancton. En 1979 lors d'une escale dans un port de Jamaïque, il rencontre Serge Gainsbourg et l'inspire pour écrire la Marseillaise en reggae. Il va suivre de très près toute la polémique autour de ce morceau, cela va le décider à quitter la Calypso et rentrer en France, pour revenir à une activité plus militante.

Journaliste d'investigation[modifier]

1981 va être une année importante pour Daniel Meynard : son père Françis Meynard meurt d'une attaque cardiaque le jour de l'élection de François Mitterrand. Michel Pecqueur puis Loïk Le Floch-Prigent (grande figure du scandale de l'affaire ELF en 1994) lui succèderont au poste de PDG d'ELF. Daniel Meynard se retrouve donc en 1981 avec un héritage qu'il n'accepte pas : il décide de léguer toute sa fortune à des œuvres militantes révolutionnaires. En 1982, Daniel Meynard va rejoindre la Calypso qui a fait une halte à Palavas les flots pour faire quelques plongées afin de finir sa thèse sur le phytoplancton. Lors d'une de ces plongées, il découvre une pirogue de clandestins africains avec cinquante-sept cadavres accrochés à un récif. Cette vision va le traumatiser et le poursuivre durant tout le reste de sa vie, notamment lors de sa période noire des années 90. Il décide de retourner en Afrique en Haute-Volta où il monte le Daylie Boubou, un journal indépendant d'investigation satirique. Il se lie d'amitié avec un jeune homme qui deviendra un an plus tard le président du Burkina Faso : Thomas Sankara. Parallèlement il fait divers aller-retour entre la Haute-Volta et la France où il devient entre 1983 et 1984 comique de one man show politique. Il fait ses débuts dans le monde de la télévision, il est surtout très connu pour avoir initié les débuts du Bébête show et Cocoricocoboy avec Jean Roucas, Jean Amadou et Stéphane Collaro. Mais le projet s'éloigne trop des orientations de départ, selon lui : il quitte le Cocoricoboy en 1984. Ces one man shows sont encore aujourd'hui très reconnus au Québec, en Belgique et en Afrique francophone. Son journal d'investigation le Daylie Boubou va être enfin reconnu pour son implication dans l'affaire en 1985 du Rainbow warrior qui révélera les implications des services secrets français dans la mort du photographe ` Fernando Pereira. Le Daylie Boubou change de nom pour Décolonisation hebdo fin 1985. Le journal collaborera de façon étroite avec le journal satirique Hara-kiri jusqu'à la fin de celui-ci en 1986, date à laquelle il va gagner le prestigieux " International Pi Award de Calcutta" en récitant 3 jours durant les décimales de Pi contre le Chinois Thomas Zhang. En 1987 ses amis Patrick Cambon et Mamou Thioraigdou veulent créer la première voiture malienne, la « Gazelle 2000», une voiture avec une coque à base de racine d'igname. Daniel Meynard suit de très prés la construction de la voiture, il invente le moteur à l'huile d'arachide pour rendre la « «La Gazelle 2000» plus indépendante, le projet est un fiasco saboté par les grandes firmes pétrolière internationales.

Période noire [modifier]

Daniel Meynard sous le pseudonyme d'Allan White

En 1991, marqué par la mort de Serge Gainsbourg et la guerre en Irak, Daniel Meynard plonge dans l'alcool, et s'efface pendant une sombre période de dix ans. Il écrira cependant son magnifique roman " Les corbeaux noirs s'en vont mourir à l'ombre des arachidiers" (Edition Pil-pil), traitant des problèmes d'alcool et des problèmes d'immigration des vieilles personnes en France. Certains critiques littéraires qualifieront son écriture d' « écriture automatique sous racine d' igname hallucinogène, une nouvelle vision du surréalisme Meynardien». Il participe aussi à cette époque, à quelques productions de films pornographiques au Ghana sous le pseudonyme d'Allan White. En 1998, il écrit "Le syndrome de Tarzan ou syndrome de Babar" (Editions de L'œil manquant).

Fin de vie[modifier]

En 2002, il rencontre Donner Kebab et ensemble ils inventent un nouveau type de kebab qui fait fureur en Afrique de l'Ouest : le Yassa Donner Meynard Kebab. En 2003, il tente d'établir un record du monde d'acquisition de nationalité en faisant trente-sept mariages blancs dans trente-sept pays différents. En 2004, à l'âge de 84 ans, il s'embarque pour le Paris-Dakar dans le train d'atterrissage de l' A347 d'Airbus grâce à des techniques de yoga qu'il met en place avec un son ami ivoiro-tibétain Mamdaou Shougram Trougmpa. Il essaye de médiatiser l'événement pour sensibiliser l'opinion publique aux problématiques liées à l'immigration mais c'est un fiasco. Dépité, il finit par écrire une méthode cynique, "Comment bien voyager dans un train d'atterrissage" qui sera suivi "Du guide de voyage pour clandestin." Ed. Pil Pil. Daniel remonte le journal Décolonisation hebdo au maquis Baobab à Bamako dans le courant de l'année 2005, mais le projet échoue car il est devenu un prétexte pour faire la fête et boire des bières de mil. Les numéros du journal ne sortent plus qu'une fois tous les quatre ou cinq mois. Le journal cesse toute activité en fin d'année 2007. En 2007, après le passage de Nicolas Sarkozy à Dakar et la construction du Ministère de l'Identité Nationale, Daniel Meynard écrit son dernier livre : "Le regard des méduses" Ed. Delatour.
Daniel Meynard décède le 23 septembre 2009 à l'age de 89 ans de noyade accidentelle dans l'accident « du puits au poulet ». Cet événement fait six morts par noyade : six personnes décédées en essayant de sauver le poulet mascotte de l'équipe de foot de Bamako qui était tombé dans un puits de vingt mètres. C'est un adolescent de dix-huit ans qui fut le premier à descendre pour sauver le poulet, suivi de sa soeur et de ses deux frères, qui ne savaient pas nager. Deux voisins, dont Daniel Meynard, leur portèrent secours et se noyèrent à leur tour. En revanche, en récupérant les cadavres, les sauveteurs retrouvèrent le poulet vivant, et il fut baptisé Daniel Meynard Eugénie Diop Boubacar Sissoko Cheikh Ngaye Moussa George Pompidou Acha Mouroumbe. Daniel Meynard mourra sans avoir gagné le record du monde de nationalité, mais le poulet, lui fut élu poulet au plus long nom de l'histoire des poulets dans le Bamako Guiness Books of Records 2010. Le poulet est aujourd'hui encore vivant, il est devenu la mascotte de la fondation Daniel Meynard.

Le poulet qui s'appelle : Daniel Meynard Eugénie Diop Boubacar Sissoko Cheikh Ngaye Moussa George Pompidou Acha Mouroumbe

La fondation Daniel Meynard[modifier]

La Fondation Daniel Meynard est un institut de recherche pluridisciplinaire en voie de développement qui vise à propager la pensée de Daniel Meynard. Elle se centre plus particulièrement sur les relations ténues et complexes entre la France et ses anciennes colonies africaines. Créé par une équipe de jeunes artistes franco-suisses nourris aux droits de l'homme, amis de Daniel Meynard, la fondation Daniel Meynard évoque avec humour les échecs de la décolonisation, les scandales de la Françafrique, les mirages de la libre circulation des hommes, dans une Europe au racisme persistant et aux frontières angoissées par le biais de performances diverses. Elle participe actuellement à la création d'une rue française à Bamako pour que les personnes n'ayant pas eu leurs visas pour aller en France puissent venir se faire photographier dans une rue française. Elle organise aussi fréquemment des tours touristiques avec, au programme, la possibilité de vivre de l'intérieur le voyage des clandestins qui veulent venir en France. Elle a conçu Nié qui tamola avec la compagnie les 3 points de suspension : un dispositif documentaire avec des installations, des performances, des spectacles tentant de faire découvrir la pensée de Daniel Meynard sur les questions franco-africaines.

Daniel Meynard ou la mémoire entremêlée[modifier]

Syndrome de Tarzan ou Syndrome de Babar[modifier]

« Il était une fois dans la vieille Angleterre une dame âgée qui s'ennuyait terriblement. L'ennui la rendait triste, si triste que ses yeux semblaient pleurer tout au long des jours, elle était si triste que les gens autour d'elle faisaient tout pour ne pas la rencontrer tant ils devenaient tristes quand ils la voyaient, si bien qu'en plus de s'ennuyer terriblement elle devenait de plus en plus seule, ce qui la rendait de plus en plus triste.

Puis vint le jour où la grande exposition arriva en ville, c'était une exposition remplie des spécificités et des curiosités ramenées par des explorateurs du monde entier, elle put découvrir au pas de sa porte l'étrangeté des peuples les plus reculés du monde avec des us et coutumes semblables à ceux des animaux. Ce jour-là et pour la première fois depuis bien des années, la dame âgée ne se sentit plus triste, elle savait désormais que le vaste monde qui était autour d'elle l'attendait, ces personnes mi-hommes mi-bêtes avaient besoin d'elle pour en faire des hommes tout court.

Elle revêtit le chapeau beige des aventuriers et partit porter secours à ces peuples sauvages. Elle traversa mers et déserts et arriva dans une immense forêt où un troupeau d' éléphants au galop surgit devant elle.

-Non mais c'est pas croyable !! s'écria-t-elle.

-Trouvez-vous ça normal de foncer comme cela sur une veille dame ?

Les éléphants s'arrêtèrent, ne comprenant de quoi était faite cette étrangeté qui se tenait devant eux, ils se mirent à barrir, ils ne savaient faire que cela, ils étaient des animaux sauvages, c'était dans leur nature.

Ce jour-là, la vieille dame avait trouvé ce pourquoi elle avait été mise au monde : aider ces éléphants, elle commença par leurs donner les noms de Céleste, Alexandre, Isabelle, Arthur… et celui qui semblait être leur chef, elle l'appela Babar. Sitôt qu'ils eurent un nom, ils se mirent à parler, ce jour-là Babar dès lors doué de la parole devint le roi de la forêt, détrônant le vieux lion. »

Préface du "Syndrome de tarzan ou syndrome de Babar" édité en 1998 au Ed. l'oeil manquant

Ce livre est une réflexion menée par Daniel Meynard sur notre héritage de la pensée coloniale. Aujourd'hui plus connu sous le nom de fracture coloniale « le Syndrome de Tarzan ou syndrome de Babar » interroge toutes les ramifications sociales qui construisent notre regard colonial, passant de la blague de comptoir à la littérature coloniale, des médias à l' humanitaire, de la publicité aux jeux vidéos… Comment nous fabriquons aujourd'hui encore l'autre comme la différence, une étrangeté, comment nous sommes encore victimes de nos préjugés et comment ces schémas sont aujourd'hui récupérés par nos hommes politiques…?

Le regard des méduses[modifier]

Le regard des méduses a été écrit en 2007 après le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar et la création du Ministère de l'Identité Nationale.

Ce livre est une réflexion sur la notion « de regard » dans les sciences politiques. Nos yeux sont-ils un territoire ? Quelles sont la part et la place de l'autre dans ce territoire ? Comment les faire cohabiter ? " C'est dans ces territoires que les méduses vivent, cachées là, attendant de croiser le regard de quelqu'un ou de quelque chose. Les méduses ne peuvent se repérer qu'au travers des labyrinthes de pierres car elles sont aveugles, c'est pour cela qu'elles logent dans les regards, elles transforment tout en pierre, elles ne peuvent se repérer que sur les formes dures. Pour elles, c'est vital, ce n'est pas pour transformer les choses en pierre par plaisir, c'est pour ne pas se perdre » p.26 Le regard des méduses (ed. Delatour)

"Je passe mon temps à pénétrer la cornée de mes yeux, à tenter le voyage dans mon regard pour aller voir comment je regarde, mais à chaque voyage je sors pétrifié par la peur de l'inconnu." p.75 Le regard des méduses (ed. Delatour)

"Nos yeux sont percés ; c'est au travers de ces trous que passe la lumière qui devient nos images, Persée est il le héros mythique qui fait rentrer le monde en nous ?" p.35 Le regard des méduses (ed. Delatour)

"Le bouclier de Persée rend les méduses elles-mêmes pierre, par son bouclier miroir les méduses découvrent qu'il existe aussi d'autres méduses. Est-ce cela l' altérité ? Etre réduit à une image de pierre ? " p.54 Le regard des méduses (ed. Delatour)

Quand le politique s'accapare le regard global, pour le manipuler, quand la construction du regard devient un argument électoral quel est le danger ? "L'identité est une des questions les plus fabuleuses que fabrique notre humanité" disait Daniel Meynard. Mais quand cette question est récupérée au profit de certains individus, la société court vers une impasse. Quand nous rendons le monde autour de nous pierre, dur, nous pouvons nous cogner. Le regard des méduses fait aussi écho comme allégorie au tableau de Géricault, le radeau de la méduse qui traite de l'histoire du naufrage du bateau, la méduse revenant du Sénégal et de ses survivants obligés de pratiquer le cannibalisme pour survivre. Le tableau montre aussi dans sa composition un corps noir de dos qui lance le SOS avec son mouchoir en guise d'espoir, ce qui est considéré à cette époque-là comme une véritable provocation politique.

Oeuvres[modifier]

Oeuvres littéraires[modifier]

  • Le Baiser de la Dinde
  • L'autoroute africaine
  • Les corbeaux noirs s'en vont mourir à l'ombre des arachidiers : (Editions Pil-pil - 1991)
  • Comment bien voyager dans un train d'atterrissage ? : (écrit sous le pseudonyme de Simon Croset - Editions Pil-pil -1984)
  • Guide du voyage pour clandestin : (écrit sous le pseudonyme de Simon Croset - Editions Pil-pil - 1984)
  • Décolonisation Hebdo : du numéro 1 au numéro 32
  • La décolonisation racontée aux enfants : (Cd rom ed. Ravensberger 1997)

Oeuvres théâtrales[modifier]

  • Les lions et les grands éléphants blancs (1986)
  • L'indépendance des hyènes (1994)
  • Le projet Arc-en-ciel

Poésie et philosophie[modifier]

  • Les racines de la baobabité : parue en 1975 (Editions Pil-pil )
  • Le syndrome de Tarzan ou syndrome de Babar : édité en 1998 (Editions de L'oeil manquant)
  • Le regard des méduses : (Editions Delatour)

Inventions et découvertes[modifier]

  • Le moteur à l'huile d'arachide
  • Le distributeur d'eau non-potable
  • Le distributeur de dicton africain
  • Le fromage sans matière grasse
  • Le phytoplancton

Recettes de cuisine[modifier]

  • Le Yassa Döner Meynard Kebab réalisé avec Donner kebab
  • Le poulet à la Daniel Meynard plus connu sous le nom de poulet basquaise

Filmographie sous le pseudonyme d'Allan White[modifier]

  • Il y a du monde au flamant rose
  • Orgie poulet yassa et arachide
  • Safari en brousse

Les expressions célèbres de Daniel Meynard[modifier]

  • J'ai la moutarde qui me monte au nez ! Phrase qu'il aurait prononcée après s'être fait tomber un pot de moutarde sur sa moustache en entendant l'annonce de l'explosion du Rainbow warior.)
  • Tout ce qui brille n'est pas forcément un œuf ! (Expression très utilisée en Belgique au Québec et en Afrique subsaharienne)
  • C'est le genre de mec qui a la moustache sèche

Notes et références[modifier]

Liens externes[modifier]

Voir aussi[modifier]

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